ABEL PRADALIÉ

Peintre

"tels des vestiges archéologiques déterrés et révélés au jour de la modernité, les figures, les paysages, qui surgissent de la matière, sont des traces d'une mémoire fantôme. Grandes et intimes, les histoires dépeintes greffent lignes et thématiques immuables à la chair d'une réalité quotidienne. Entre réalisme et abstraction, trivialité et solennité, érotisme et inquiétude, ces fictions humaines s'incarnent dans la matière de façon ambivalente. Elles vont et viennent dans l'imaginaire, se donnent, se métamorphosent, disparaissent. Comme un rêve. Spectre clair-obscur. 

Dans les tableaux d'Abel Pradalié, paysages et figures proviennent de sources diverses. De la grande peinture classique et réaliste. L'artiste a particulièrement regardé Frans Hals, Rubens, Jordaens, Courbet et Frédéric Bazille. Mais aussi de photographies trouvées au hasard, de saisies sur le motif ou d'après modèles à l'atelier. Éternel et transitoire ainsi se mêlent. Le passé se greffe au présent et trouve des résonances avec l'histoire intime de l'artiste"

Amélie Adamo, Abel Pradalié, la matière fantôme, (extrait), Artension n°138, p. 29 - 31